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Géographie
Le dernier recensement (2002) a estimé la
population sénégalaise à 10 817 000 d’habitants avec un
taux de croissance annuel de 2,5%. La population est jeune avec un
âge moyen de 21,8 ans pour les hommes et de 22,6 ans pour les
femmes qui sont majoritaires (52%). Elle est également rurale
(58,5%) et plus de la moitié des citadins vivent dans l’agglomération
dakaroise dont la croissance est alimentée par la migration en
provenance des communes urbaines et des communautés rurales de
l’intérieur du pays. Cette population est inégalement répartie sur le
territoire national. Si la densité moyenne nationale est de 34
habitants au km2, elle est de 2 710 habitants au km2 à Dakar et
de 6 habitants au km2 à Tambacounda.
Société
La
société sénégalaise constitue un tissu ethnique, culturel et
religieux complexe formé de plus d’une vingtaine d’ethnies
ayant chacune une langue et des traits culturels spécifiques.
Grâce à une longue tradition de tolérance, à une religion
largement partagée (Islam, 94% des Sénégalais) et en raison de
l’urbanisation qui a transformé les modes de vie, les représentants
des diverses ethnies respectent leurs différences et ont appris
à vivre et à travailler ensemble. Cette paix sociale conjuguée
à la stabilité politique a favorisé l’épanouissement de l’État
de droit et la reconnaissance de l’égalité de tous devant la
loi. Il subsiste, néanmoins, des iniquités importantes entre
hommes et femmes, entre ruraux et citadins, entre régions, entre
riches et pauvres.
Politique
et gouvernance
Après 40 ans de régime socialiste, le pays a connu
une alternance politique en mars 2000. Le Président de la République,
Maître Abdoulaye Wade, (Parti démocratique sénégalais), a été
réélu, en février 2007, pour un mandat de cinq ans,
renouvelable une seule fois. En janvier 2001, le pays a adopté
une nouvelle Constitution par voie référendaire. Le régime
politique en vigueur est de type présidentiel. Le Premier
ministre a la charge de mettre en oeuvre la politique définie par
le Président de la République.
En juin 2007, les élections législatives ont
conduit à l’installation d’une nouvelle Assemblée nationale
(Parlement) qui compte 150 députés représentant plusieurs
partis politiques. La majorité des députés sont issus de la
mouvance présidentielle (la coalition Sopi au pouvoir). Le Sénat
a été mis en place en septembre 2007 et compte 100 membres. Les
élections locales sont prévues en 2008.
Malgré
la proximité de foyers de tension sous-régionaux, le Sénégal
jouit d’un climat politique stable, même s’il fait face
depuis près de deux décennies à un mouvement séparatiste en
Casamance (sa partie méridionale). Un accord de paix entre le
gouvernement et le Mouvement des forces démocratiques de
Casamance, signé en 2004, a apporté un répit significatif à
une violence larvée qui a fait des
milliers de morts, dont un nombre élevé de civils, plusieurs
milliers de réfugiés dans les pays limitrophes (Gambie, Guinée-Bissau)
et causé la désintégration
des structures économiques et sociales.
On
peut relever aussi au niveau de la société sénégalaise l’émergence
depuis plusieurs années d’un mouvement associatif assez actif
dans un nombre croissant de secteurs et à divers niveaux. Ce
sont, notamment, les syndicats, les groupements d’étudiants,
les associations de promotion et de défense des droits des
femmes, de professionnels et de parents d’élèves, les coopératives,
les groupements d’intérêts économiques, les mutuelles de crédits,
et les associations d’élus locaux. Le gouvernement tend à les
considérer de plus en plus comme des partenaires du développement
économique et social, notamment par l’information, la
consultation, la contractualisation et le
“faire-faire”.
Économie
Devenu éligible, en septembre 1999, à un allégement
de sa dette extérieure découlant de l’initiative d’appui aux
pays pauvres très endettés (PTTE), le Sénégal a élaboré un
Document de stratégie de réduction de la pauvreté (DSRP,
2002-2005). Celui-ci a pour objectif central de réduire de 50 %
la pauvreté des ménages d’ici 2015 et comme buts de consolider
et d’accroître la croissance économique du pays et de
favoriser une répartition plus équitable des bénéfices de
cette croissance à toutes les composantes de la société, et sur
l’ensemble du territoire sénégalais. Le DSRP, qui en est à sa
deuxième génération (2006-2015), est le schéma directeur de
l’action économique du gouvernement sénégalais et la base sur
laquelle il souhaite obtenir l’appui des donateurs. Le pays a élaboré
également plusieurs politiques et programmes dont la Stratégie
de croissance accélérée (SCA) qui vise
à créer les conditions de nouveaux gains de productivité et à
faire du Sénégal un pays émergent.
Les résultats obtenus par le Sénégal avec le
premier DSRP sont jugés assez satisfaisants. En effet, la
croissance économique s’est maintenue sur une pente positive
avec une moyenne annuelle d’environ 5% dans un contexte d’amélioration
de la gestion des finances publiques, de maîtrise de
l’inflation et de consolidation des autres agrégats macroéconomiques
fondamentaux. Par ailleurs, même si tous les effets attendus ne
sont pas encore constatés, les investissements dans les services
sociaux de base ont permis d’améliorer les indicateurs sociaux
tendant vers l’atteinte des OMD (en particulier dans le secteur
de l’éducation) et le niveau général de pauvreté a baissé de 61,4 %
en 1994 à 48,5 % en 2002 pour les familles et de 67,9% à 57,1 %
pour les individus.
Toutefois, des efforts importants sont attendus sur
la répartition de la croissance et la réduction de la pauvreté.
En effet, l’accès aux services de base demeure problématique
pour de nombreux groupes tels que les ruraux, les femmes et les
jeunes. Il demeure
également très en deçà de ce que le pays pourrait atteindre
compte tenu des investissements consentis, par exemple,
dans le secteur de l’Éducation et de la Santé qui bénéficient
de 50% du budget national. De même, la baisse
de la pauvreté est accompagnée de disparités importantes :
toutes les régions du pays montrent des taux d’incidence de la
pauvreté supérieurs à ceux de Dakar et de manière générale,
la pauvreté touche davantage les femmes que les hommes et les
zones rurales plutôt que les villes.
Par ailleurs, si les taux de croissance de 5,6 % en
2004 et de 5,5% en 2005 ont été jugés satisfaisants, cette
performance ne permettra pas d’atteindre le seuil des 7% ou 8 %
nécessaires pour créer suffisamment d’emplois et améliorer
significativement la vie des ménages de sorte que la pauvreté
soit réduite de moitié en 2015.
En 2006, le Sénégal figurait parmi le groupe des
pays les moins avancés avec un Indice de Développement Humain (IDH)
qui le plaçait au 156ème rang sur 177.
Égalité
entre femmes et hommes
Sur
la question spécifique des droits de la femme, on peut dire que
depuis la Première Conférence mondiale en faveur des droits des
femmes (Mexico, 1975), le Sénégal a fait de l’amélioration du
statut des femmes une question importante. Partie prenante de
toutes les Conférences et initiatives internationales en faveur
de la promotion de rapports de genre égalitaires, le pays a
ratifié l’ensemble des Conventions internationales et élaboré
plusieurs plans d’action pour la Femme.
L’évaluation en 2003 du précédent
Plan d’action national pour la Femme (PANAF, 1997-2001) a mis en
exergue des avancées significatives au niveau (i)
du renforcement des capacités organisationnelles des femmes et de
leur plus grande autonomie d’action dans les questions de développement,
(ii) de l'amélioration de l'état de santé des femmes sénégalaises
à travers l’introduction progressive des soins obstétricaux
d’urgence et des soins post avortement, (iii) de la
scolarisation des filles avec des actions novatrices pour leur
maintien dans le système éducatif et le développement de
programmes d’alphabétisation « priorité femmes »,
(iv) de l’amélioration du statut juridique des femmes grâce à
l’égalité « de jure » rendue effective par des
dispositions constitutionnelles et l’adoption en 1999 de lois
sur les violences faites aux femmes, (v) de l’amélioration des
positions des femmes dans les instances politiques et dans les
postes nominatifs et (vi) de l’amélioration de l’offre
de financements pour les femmes avec la multiplication des
mutuelles et groupements d’épargne et de crédit.
Avec l’alternance politique
survenue en 2000, les avancées en
matière de promotion des droits fondamentaux des femmes et d’égalité
entre les sexes ont connu un certain renforcement. La
nouvelle Constitution adoptée le 7 Janvier 2001 réaffirme de façon
plus explicite que la précédente le principe d'égalité et d'équité
entre les sexes et l'interdiction de toute discrimination fondée
sur le sexe. Une modification de la Constitution, votée par l’Assemblée
nationale, le 13 novembre 2007, a renforcé ce principe en
instaurant la parité dans l’accès aux mandats électoraux et
aux fonctions électives.
Le
Code de la Famille et le Code général des impôts ont connu des
modifications pour satisfaire de vieilles revendications des
femmes sénégalaises à savoir : l’égalité fiscale entre
les femmes et les hommes et la prise en charge des frais médicaux
de la famille (époux et enfants) par la femme salariée.
L’illustration de cette volonté politique demeure la
nomination, en mars 2001, d’une femme au poste de Premier
ministre pour la première fois dans l’histoire politique du
pays.
Des
efforts ont également été faits en matière d’accès des
femmes aux soins de santé, en particulier pour les accouchements
par césarienne dans les zones enclavées. Par
exemple, le taux de mortalité maternelle est passé de 510 décès
sur 100 000 naissances vivantes à 434. La scolarisation des
filles a connu également des progrès significatifs. Depuis,
2004, le taux d’admission des
filles au cours d’initiation est supérieur à celui des garçons.
Le Taux brut de scolarisation (TBS) des filles
est passé de L'évolution du taux de scolarisation des filles dans l’élémentaire
montre une tendance à la hausse puisqu’il passe de 72,5% en
2003 à 82, 2% en
2006.
Au
niveau économique, les opportunités et les fonds destinés à
soutenir les activités génératrices de revenus des femmes à
travers l’épargne et le crédit, les programmes de lutte contre
la pauvreté et d’allégement des travaux des femmes sont aussi
devenus plus consistants.
Parallèlement, les pouvoirs
publics se sont engagés à faire de l’égalité et de l’équité
entre les femmes et les hommes une dimension incontournable de
leurs politiques et programmes ainsi que des structures étatiques.
Aujourd’hui, avec l’appui des partenaires techniques et
financiers, l’administration annonce sa volonté d’avoir des
budgets sensibles au genre.
Toutefois, malgré une volonté
proclamée des pouvoirs publics de faire avancer l’égalité
entre les femmes et les hommes, les résultats obtenus sont
encore loin de ceux escomptés. Les disparités basées sur le
sexe restent encore perceptibles dans tous les domaines. Les
enjeux pour créer un environnement favorable à la promotion de
l’égalité entre les femmes et les hommes demeurent ainsi de
taille.
La marginalisation des femmes
dans la sphère publique contraste ainsi avec leur poids démographique
(52%) et électoral (51%) ainsi qu’avec leur contribution au développement
du pays. Au niveau de la représentation politique, par exemple,
on compte 39 femmes sur 150 députés. Elles sont 4 ministres sur
29. Elles représentent moins de 15% des effectifs des assemblées
locales (11% aux niveaux régional et municipal et 14% au niveau
des communautés rurales) et de leurs organes directionnels (13%
au niveau régional, 15% au niveau municipal et 5% en milieu
rural).
En résumé, malgré des progrès significatifs dans la
promotion et le respect des droits des femmes, des défis de
taille demeurent et ont pour noms : l’amélioration du cadre juridique avec une réforme
en profondeur du Code de la Famille, le renforcement du pouvoir économique
des femmes et leur autonomisation, l’accès aux sphères de décision,
aux soins de santé, à l’éducation et à la formation, et la
lutte contre les violences.
Diplomatie
Sur
la scène internationale, le Sénégal est considéré comme un pôle
de développement régional qui joue un rôle stratégique
important en Afrique et dans le monde. Il a été un pays
fondateur de la Francophonie dont il a accueilli en 1989 le
premier sommet en pays non-industrialisé; il abrite, notamment,
les Secrétariats de la Conférence des Ministres de la Jeunesse
et des Sports (CONFEJES) et de la Conférence des Ministres de
l’Éducation Nationale (CONFEMEN). Par ailleurs, le Sénégal
est aussi très actif dans plusieurs organismes régionaux dont
l’Union Économique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA), la
Communauté Économique des États d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO),
l’Organisation pour la Mise en Valeur du fleuve Sénégal (OMVS),
le Comité Inter-Etats de Lutte contre la Sécheresse dans le
Sahel (CILSS), le Secrétariat de la Convention sur la Désertification,
et la Commission Sous-régionale des Pêches. A l’échelle
continentale, le Sénégal est un des principaux initiateurs et
promoteurs du Nouveau Partenariat pour le Développement de l’Afrique
(NEPAD).
Les ethnies plus représentatives sont les Wolofs (43,7%), les
Halpulaar qui regroupent les Toucouleurs et les Peuhls
(23,2%), les Sérères (18%), les Mandingues, les Bassaris
(3,5%), les Diolas et les autres ethnies du sud du pays (4,7
%).
Pour
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Indicateurs
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